vendredi, 24 juin 2011

186ème jour: Don't Give Up On Me Now




Mes premières vacances d'adulte "émancipée", je les passai avec une amie, à Prague. 

Nous rêvions de sensations fortes, de culot et d'indécence. Un chauffeur de taxi nous escroqua, et le seul homme qui me regarda le fit lorsque je renversai l'intégrale de ma boîte de tampons hygiéniques sur le sol du hall de l’hôtel.

Un soir, nous poussâmes l'audace jusqu'à marcher pieds nus, tandis que des pluies torrentielles finissaient de vidanger la ville. L'épisode s'acheva par une glorieuse diarrhée.

Malgré tout, je garde de cette période de ma vie comme un avant-goût de ce que cela pourrait donner si j'étais libre. La superbe de ceux qui ont cessé de s'inquiéter des "qu'en-dira-t-on". 

Je suis de celles qui s'inquiètent trop du qu'en dira-t-on. Toujours, heureusement, il y a ce moment où il m’est donné de voir combien ces efforts pour mériter amour et approbation sont vains. En général, ma délivrance commence par un de ces rires qui vous prend au ventre et vous laisse toute essoufflée.

Je me moque, de vous, de moi, de toutes ces luttes pour avoir raison, pour détenir "la vérité", vivre comme il faut, savoir quoi faire pour être indiscutablement quelqu'un de "bien".

Après le dédain, c'est la tristesse qui m'envahit. Je regrette d’avoir mené ces guerres. J’aimerais ne plus jamais oublier de voir la poésie, que tout était déjà là, au fond du ventre, cette certitude d'être aimé, et toujours entendre mon souffle, régulier.

Là voilà, ma liberté.